Mon expérience de manager m'a appris que, lors d'un conflit verbal avec un collègue ou un collaborateur, il est presque "naturel" de hausser le ton. On pense surement que parler plus fort donnera plus de poids à nos arguments ou que cela va permettre de rétablir notre position de "CHEF". En fait, cette "agression sonore" déclenche une augmentation proportionnelle du son de notre interlocuteur. C'est à celui qui enchérira le plus !!! C'est surtout un dialogue de sourds puisque, dans cette rage de prendre le dessus, on n'écoute pas l'autre et lui ne nous écoute pas. Dans ces cas là, il n'y a plus de responsable et de subordonné, juste deux combattants...
Le rôle du manager est de désamorcer ce genre de situation. Il y a des signes qui montrent que votre collaborateur va mal, est en colère, a des choses à dire... C'est au manager de prendre l'initiative du dialogue afin de vider cette colère avant qu'elle n'éclate. Une simple rencontre autour d'un café (5 à 10 minutes maximum) peut lui permettre d'exprimer son malaise . Votre capacité d'écoute et votre empathie vont servir à laisser s'exprimer un collaborateur qui en a peu souvent l'occasion. N'essayez pas de tout résoudre sur-le-champs. La plupart du temps, il ne demande que de l'écoute. Si cela vous parait plus préoccupant, prenez un vrai rendez-vous et accordez-lui le temps nécessaire, le café ne servant qu'à amorcer le dialogue.
Si vous n'avez rien vu venir (la tête dans le guidon...), rien n'est perdu. Au moment où éclate la colère, laissez-la se vider toute seule : ne répondez pas à la provocation, attendez simplement que le flot de paroles se tarisse puis, d'une voix calme et d'un niveau sonore très bas, demandez à votre collaborateur de reformuler calmement sous prétexte que vous n'avez rien pu comprendre. Parler très bas va le forcer à "écouter", va mobiliser son attention : il sera alors plus réceptif à vos arguments et sera "en état" de les entendre.
Enfin, si vous estimez avoir été "bousculé" par votre collaborateur (si l'altercation a eu lieu devant d'autres personnes, par exemple), mieux vaut remettre les choses au point au calme dans votre bureau plutôt que de se donner en spectacle dans les couloirs ou l'atelier. A ce moment-là, il vous suffira de recadrer votre collaborateur et de lui expliquer votre façon de fonctionner dans ce genre de circonstances.
En résumé, toujours rester calme, ne pas "hausser le ton", parler bas, faire reformuler calmement et recadrer si nécessaire...
Merci de me faire part de vos expériences / conseils
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